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Lutter sur les terrains contre l’homophobie dans le football, ce sport « macho » par excellence, tel est le premier objectif des PanamBoyz. Ce club, fondé à Paris, il y a trois ans,regroupe aujourd’hui environ quatre-vingt joueurs, filles et garçons réunis. Certains sont gais, d’autres sont hétéros. Certains sont blancs, d’autres sont noirs. Certains sont musulmans, d’autres sont bouddhistes. Certains sont sans emploi, d’autres sont journalistes. C’est LE club de toutes les différences, comme ils aiment à le dire.

Les PanamBoyz mènent leur combat contre l’homophobie dans un milieu bien particulier : celui du football. Pour beaucoup d’entre eux, ce sport représente une passion. Mais, pour trop d’entres eux, ce sport a aussi été synonyme de rejet… Les mots et expressions entendus à répétition dans les vestiaires comme : « frappe de fiotte », « jouer comme des pédés », « faire sa tafiole » constituent la première cause de malaise. Ces mots-là font en effet partie du lexique du footballeur. Et s’ils ont perdu leur sens pour ceux qui les disent, ils restent discriminants pour ceux qui les reçoivent. Ces habitudes contribuent à l’image que s’est faite le football: une discipline populaire, macho et virile. « Cela pousse des homos à changer de sport, à vivre cachés où à rejoindre un club comme le notre », déplore Bertrand, le vice-président du club.

Pour les PanamBoyz, la question de l’homosexualité reste un tabou dans ce sport. Les très rares cas de footballeurs professionnels déclarés homosexuels viennent appuyer cette idée. Les grandes instances, comme la FFF (Fédération Française de Football) ou la LFP (Ligue de Football Professionnel) ne se montrent pas très réceptives à ce problème, qui, selon elles, n’en est pas un, puisqu’il ne concernerait pas leurs acteurs. Mais, sous la forte influence de la société et du ministère des Sports, ces instances entrouvrent peu à peu la porte aux actions contre l’homophobie. Depuis la saison dernière, les PanamBoyz se sont rapprochés de la LFP pour mener l’action « Fiers de nos différences-Football people » (voir page « 2- Découvrez les actions des PanamBoyz »). Lors de la première édition, le communiqué de la LFP martelait une lutte générale contre les discriminations. L’action visait pourtant l’homophobie PUIS toute autre forme de discrimination… Lors de la deuxième édition en janvier 2016, la LFP a finalement recentré son message sur les problèmes liés à l’homophobie. Signe d’espoir pour Alexandre (le président), Bertrand et les PanamBoyz.

 

 

Un peu plus à propos du président…

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FICHE JOUEUR – ALEXANDRE ADET


 

Pays: France                                                                                                                Historique Club:

Date de naissance: 01/01/1978                                                 1985-98           Football Club de la Région Houdanaise

Lieu de naissance: Paris                                                               2004-06           PUC

Taille: 176 cm                                                                                  2008-13           Paris Foot Gay

Poids: 75 kg                                                                                     Depuis 2013   PanamBoyz United

Poste: Gardien de but

Numéro: 1


 

Alexandre est un passionné de football. Il se rappelle pourtant que, s’il a débuté dans ce sport, c’est uniquement pour imiter ses copains qui y jouent déjà. Et, comme il n’est pas très doué au départ, ils le mettent d’office dans les buts. Ce sport lui plaît tellement qu’il prend une licence en club à l’âge de sept ans au Football Club de la Région Houdanaise (FCRH), dans les Yvelines. Il y jouera pendant treize saisons. Alexandre y est très proche des joueurs, ils se connaissent depuis tout petits. C’est par hasard que l’ensemble du club apprendra son homosexualité lorsqu’il est surpris par un coéquipier en train d’échanger un baiser dans une rue avec son petit ami de l’époque. Suite à cela, Alexandre affirme ne pas avoir connu de rejet au sein du FCRH : « j’ai eu beaucoup de chance que mes coéquipiers m’acceptent malgré cette découverte ».

Quand il quitte son premier club pour rejoindre le PUC (Paris Université Club), le futur président des PanamBoyz est en couple avec un homme depuis cinq ans. Pendant ses deux années passées dans les buts du club sud parisien, Alexandre ne se sentira jamais assez à l’aise pour s’ouvrir à ses coéquipiers sur sa vie privée. La faute à : « des mots qui revenaient constamment dans le vestiaire, comme « pédé », et qui me rendaient incapable d’envisager d’en parler » , se souvient-il.

Il est temps de partir vers des horizons plus ouverts, plus tolérants… En 2008, il rejoint le Paris Foot Gay (PFG). Une association qui, comme celle des PanamBoyz, est ouverte à tous et propose, notamment à des joueurs de football homosexuels, un environnement sportif bienveillant. Des problèmes internes éclatent au PFG, Alexandre et quelques coéquipiers décident alors de créer les PanamBoyz sur le même principe que celui du PFG, mais plus encore à leur image. Depuis 2013, Alexandre en est le président, il défend les couleurs bleues du maillot des PanamBoyz, mais aussi bien sûr, toutes les autres couleurs de l’arc-en-ciel.


 

 

Un peu plus à propos du vice-président…

 

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FICHE JOUEUR – BERTRAND LAMBERT


 

Pays: France                                                                                                               Historique Club:

Date de naissance: 10/09/1975                                                 2002-06          Paris Arc en Ciel

Lieu de naissance: Dijon                                                              2007-13           Paris Foot Gay

Taille: 170 cm                                                                                 Depuis 2013    PanamBoyz United

Poids: 58 kg

Poste: Défenseur/Milieu droit

Numéro: 14


 

Si l’on avait connu Bertrand l’adolescent, il n’aurait pas fallu lui parler de foot. Incroyable mais vrai, cette boule de muscle d’1m70 pour 58kg refusait catégoriquement de faire du sport avant ses vingt ans. Il eut alors une révélation et affirme désormais ne pas pouvoir passer une semaine sans effectuer trois séances de sport au minimum. « Il peut y avoir une attaque atomique, je m’en fous, je joue au foot le mardi soir », plaisante-t-il. Aujourd’hui, pour lui aussi, le foot est une passion. Bertrand l’adulte a d’abord été épris par le tennis, sport dans lequel il atteindra un classement honorable (15/1). Mais le côté collectif du football lui plaît beaucoup plus.

Il rejoint un club pour la première fois en 2002, en signant au FC Paris arc-en-ciel, une association gay-friendly (ouverte aux gais) qu’il quittera en 2006. Après une saison blanche, il s’engage avec le Paris Foot Gay en 2007. Là-bas, il rencontrera Alexandre et quelques autres fidèles amis. Une bande avec qui il fondera le club des PanamBoyz en 2013.

Bertrand a donc effectué l’intégralité de sa modeste carrière de joueur au sein d’associations LGBT (Lesbien, Gai, Bi et Trans). Pourtant, avant de les côtoyer, il avait un mauvais à priori concernant les équipes gay-friendly. De l’extérieur, il imaginait des clubs « ghettos » et très communautaires. De l’intérieur, il s’est rendu compte que la porte était réellement ouverte à tous, pour donner lieu à un agréable brassage. En rejoignant ce type d’équipes, Bertrand a surtout découvert à quel point certains pouvaient mal vivre leur sexualité ou leurs différences dans d’autres clubs. Selon lui, c’est le déclic : « Je me suis de plus en plus intéressé au sujet, c’est pourquoi nous avons créer une association militante ». Et voilà que, depuis la création du club des PanamBoyz (et plus que jamais), Betrand rime avec militant.