À peine né, déjà grand

Dit moi ton nom, je te dirais qui tu es. Fais toi un prénom, je te dirais ce que tu vaux. C’est presque là, l’essence même du parcours d’un fils ou fille de champion.

Avant même de réaliser qui ils sont. Ils n’ont d’autres choix que de réussir, comme ont réussit leur aîné avant eux. Dans le monde du sport, il existe de célèbres familles de champions, avec des enfants qui suivent les traces de leur parent (Noah, Srecki, Skrela).

Mais avant d’arriver au chemin de la réussite. Ils doivent d’abord passer par un passage obligé. Au prix d’avoir hérité d’un nom, d’un parcours, d’une histoire.

Aujourd’hui encore plus qu’avant. Des noms de familles et des dynasties dans le monde du sport aparaissent ou réapparaissent sur plusieurs années et sur plusieurs générations.

De nos jours, la professionnalisation et la médiatisation croissante du sport, a engendré des contraintes et des pressions supplémentaires pour ces héritiers de médaillés qui doivent affronter le poids de leur nom. Un Richardson, Zidane ou encore Tillie subiront directement ou indirectement dans leur carrière, la notoriété et le parcours de leur prédécesseur. Dès lors où ils choisissent un parcours sportif différent ou similaire de leur parent. C’est d’abord le reflet de leur aîné que l’on verra en premier. En étant à peine conscient au départ de la valeur de leur patronyme, c’est généralement plus tard, lorsqu’ils entrent dans le sport de compétition que ces graines de champions sont ensuite comparées à leur parent.

Il y a une part de responsabilité à avoir un nom.

Devant chaque fils et fille de, il y a le combat de sa propre reconnaissance. De gagner sa liberté de réussir la carrière souhaitée. Réussir simplement à être son propre prénom de champion.

 

Quelque soit le chemin entrepris par ces héritiers, leur parcours forcément peu banal, leur apporte malgré tout beaucoup plus qui ne les desservent.

 

"La pression médiatique est parfois plus lourde à porter que le poids du nom en lui-même".

L’envie d’ailleurs, l’envie de s’évader. De se délivrer.

Maxine Eouzan a depuis ses premiers pas, toujours baignée dans le sport de haut niveau. Avec un père et un frère passés avant elle dans cette voie. C’est tout naturellement que ce bout de jeune femme a voulu suivre les traces de ces aînés.

Mais à quel prix, à quel nom.

Maxine Eouzan, fille de Pascal Eouzan a mis longtemps avant de se rendre compte que son choix d’aller plus haut était ailleurs.

Récit d’une fille de champion.

Pour finir

Réussir à prouver qui l’on est une tâche difficile pour un héritier de champion. C’est au regard des autres que ces sportifs doivent créer leur propre histoire. Ce statut, ils ne le choisissent pas, et c’est parfois cela le plus dur à accepter. Il y a certes des points obscurs à naître avec un nom. Comme supporter la pression médiatique et être sans cesse comparer à son prédécesseur. Mais cette condition de « fille ou fils de » champion donne aussi à ces individus un engagement plus fort de réussir.

Quelque soit le chemin, la réussite ou le parcours d’un fils de champion. Il restera toujours « le second ». Le fils ou la fille d’un champion. Cela même si il dépasse le palmarès de son « Champion ». Sa reconnaissance sera autant voir plus value que celle de son père ou de sa mère. Mais on notera que très souvent, pour parler d’un exploit sportif d’un sportif ou sportive « fille de ». On remontera toujours au point de départ, pour justifier sa place, son potentiel sportif, son parcours sportif.

 

Fanta Keita

Fanta Keita

Journaliste en herbe